Essais nucléaires : ce que disent les chiffres
†L’Atome & ses Fantômes
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Essais nucléairesce que disent les chiffres

2 056 essais nucléaires depuis 1945, dont 528 dans l'atmosphère.Du Kazakhstan à la Polynésie, des populations entières ont vécu sous les retombées.Combien en sont mortes ?Les estimations vont de quelques centaines à plusieurs centaines de milliers, et chacune dépend d'un modèle.

Entre le 16 juillet 1945 et le 3 septembre 2017, huit pays ont fait exploser 2 056 engins nucléaires pour les mettre au point. Un quart de ces essais ont eu lieu à l'air libre, et leurs retombées se sont posées sur des steppes, des atolls et des déserts qui n'étaient pas vides.

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Compter les essais est simple : les États les ont presque tous reconnus. Compter leurs morts ne l'est pas. Les estimations publiées vont de quelques centaines de cancers à plusieurs centaines de milliers de décès, selon la population étudiée, la période et le modèle de risque retenu. Cet article donne chaque chiffre avec son auteur.

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Le bilan :2 056 essais

essais nucléaires depuis 1945
2 056

Arms Control Association

essais dans l'atmosphère
528

les autres sont souterrains

essais depuis 1996
10

Inde, Pakistan, Corée du Nord

Deux pays ont réalisé près de 85 % des essais nucléaires du monde. Selon le décompte de l'Arms Control Association, les États-Unis en ont mené 1 030 et l'Union soviétique 715. Suivent la France (210), le Royaume-Uni (45), la Chine (45), la Corée du Nord (6), l'Inde (3) et le Pakistan (2). Le département américain de l'Énergie compte 1 054 essais américains en incluant ceux menés avec le Royaume-Uni.

DIN DATAessais

Essais nucléaires par pays, 1945-2017 (Arms Control Association)

États-Unis
0essais
URSS puis Russie
0essais
France
0essais
Royaume-Uni
0essais
Chine
0essais
Corée du Nord
Fiche
0essais
Inde
Fiche
0essais
Pakistan
0essais
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Les essais dans l'atmosphère sont ceux qui ont dispersé la radioactivité sur le monde. Il y en a eu 528 : 219 soviétiques, 215 américains, 50 français, 23 chinois et 21 britanniques. Les 1 528 autres ont été tirés sous terre, où la radioactivité reste en principe confinée, sauf quand le puits ou la galerie fuit.

DIN DATAessais

Essais dans l'atmosphère par pays (Arms Control Association)

URSS
0essais
États-Unis
0essais
France
0essais
Chine
0essais
Royaume-Uni
0essais
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Les grandes puissances ont arrêté les essais à quelques années d'écart : en 1990 pour l'URSS, en 1992 pour les États-Unis, en 1996 pour la France et la Chine. Depuis l'ouverture à la signature du traité d'interdiction complète, en 1996, l'ONU recense dix essais : deux de l'Inde et deux du Pakistan en 1998, six de la Corée du Nord entre 2006 et 2017.

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Semipalatinsk, au Kazakhstan

Près des deux tiers des essais soviétiques ont eu lieu au Kazakhstan. L'Union soviétique a tiré 456 engins sur le polygone de Semipalatinsk, dont 116 en surface ou dans l'air, du 29 août 1949 au 19 octobre 1989. Le site a été fermé par décret le 29 août 1991 ; le 29 août est aujourd'hui la Journée internationale contre les essais nucléaires.

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Les essais ont eu lieu dans le secret, au milieu de villages habités. Les données sur l'exposition des habitants n'auraient commencé à être collectées qu'en 1956, et la seule protection connue est l'évacuation de quelques villageois pendant environ deux semaines, en 1953. Selon une revue de 2014 citée par l'Institute for Energy and Environmental Research (IEER), entre un demi-million et un million de personnes vivaient à moins de 160 km du site.

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Les estimations. La commission soviétique Tsyb, nommée en 1989, évalue à 400 mSv en moyenne la dose reçue lors du tout premier essai par près de 6 300 habitants des villages les plus proches. L'IEER en déduit près de 300 cancers en excès et près de 150 morts par cancer, pour ce seul essai et ces seuls villages. À partir d'autres données soviétiques, il estime à 7 500 les cancers en excès dans la région.

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Une étude de cohorte publiée en 2005 a comparé près de 20 000 habitants de la région, exposés ou non. Ses auteurs y trouvent une hausse significative des morts par cancer solide, avec un risque par unité de dose plus élevé que chez les survivants d'Hiroshima et de Nagasaki.

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Le Nevada et les « downwinders »

Le site d'essais du Nevada a reçu 928 essais, dont 100 dans l'atmosphère. Le premier, Able, explose le 27 janvier 1951 ; le dernier essai atmosphérique date de juillet 1962, le dernier essai souterrain, Divider, du 23 septembre 1992. Les habitants sous le vent, dans le Nevada, l'Utah et l'Arizona, ont pris le nom de downwinders.

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L'iode 131 a atteint les enfants par le lait. Les retombées se posaient sur les pâturages, les vaches et les chèvres les broutaient, et l'iode passait dans le lait. Il se fixe sur la thyroïde, et celle des enfants, encore en croissance, y est la plus sensible. Le lait frais des fermes en contenait davantage que celui du commerce, car l'iode 131 perd la moitié de sa radioactivité en huit jours environ.

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Les estimations. En 1997, le National Cancer Institute publie une reconstitution des doses d'iode 131 reçues par la population américaine. Revues par les Académies nationales en 1999, ses estimations donnent entre 11 300 et 212 000 cancers de la thyroïde en excès sur la vie entière, avec une valeur centrale de 49 000. Le comité jugeait le nombre exact de cancers « impossible à prédire, sauf dans une large fourchette ». Il ajoutait que ses propres analyses le situaient plutôt dans le bas de la fourchette.

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Ces chiffres comptent des cancers, pas des morts : selon le même institut, environ 98 personnes sur 100 atteintes d'un cancer de la thyroïde survivent au moins cinq ans.

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L'indemnisation. La loi américaine RECA, votée en 1990, verse une somme forfaitaire aux downwinders de comtés désignés atteints de certains cancers : 50 000 dollars à l'origine. *La loi a expiré en juin 2024, faute de vote du Congrès, puis a été rétablie et élargie le 4 juillet 2025 par la loi budgétaire dite One Big Beautiful Bill Act. La somme passe à 100 000 dollars, l'Idaho, le Nouveau-Mexique et tout l'Utah sont couverts, et les demandes doivent être déposées avant le 31 décembre 2027. Au 2 octobre 2026, le ministère de la Justice compte 32 230 demandes de downwinders* acceptées depuis 1990, pour environ 1,86 milliard de dollars.

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Les îles Marshall et Castle Bravo

Les États-Unis ont fait exploser 66 engins dans ou près des îles Marshall, de 1946 à 1958. Selon le National Cancer Institute, vingt d'entre eux ont laissé des retombées mesurables sur des atolls habités.

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Le 1er mars 1954, l'essai Castle Bravo libère 15 mégatonnes à Bikini, environ mille fois la bombe d'Hiroshima et près de trois fois la puissance prévue. Les retombées tombent sur les atolls de Rongelap et d'Utirik. Les habitants de Rongelap ne sont évacués que deux jours plus tard ; 236 Marshallais sont déplacés. Les 23 pêcheurs japonais du Daigo Fukuryū Maru (le Dragon chanceux) sont contaminés en mer ; leur opérateur radio, Aikichi Kuboyama, meurt en septembre 1954, d'une maladie du foie que les radiations ont pu aggraver.

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Les estimations. En 2010, le National Cancer Institute projette environ 170 cancers liés aux retombées parmi plus de 25 000 Marshallais, contre environ 10 600 cancers attendus sans elles, soit jusqu'à 1,6 % de tous les cancers. La moyenne masque l'essentiel : chez les 82 habitants de Rongelap présents en mars 1954, 55 % des cancers seraient dus aux retombées.

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Le Sahara algérien

La France a mené ses dix-sept premiers essais dans le Sahara : quatre dans l'atmosphère à Reggane, en 1960 et 1961, puis treize sous terre à In Ekker, jusqu'en 1966. Le premier, Gerboise bleue, explose le 13 février 1960 avec une puissance de l'ordre de 70 kilotonnes.

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L'accident Béryl. Le 1er mai 1962, la galerie d'In Ekker se referme trop tard : 5 à 10 % de la radioactivité s'échappe sous forme de laves, de poussières et d'un nuage qui monte à environ 2 600 m. Selon le rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, une centaine de personnes reçoivent plus de 50 mSv, et neuf hommes d'un poste isolé, qui avaient ôté leur masque, environ 600 mSv. Le même rapport évalue à 2,5 mSv au plus la dose des 240 nomades les plus exposés, une estimation calculée après coup. Deux ministres, Pierre Messmer et Gaston Palewski, assistaient au tir.

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La Polynésie française

De 1966 à 1996, la France tire 193 engins à Moruroa et Fangataufa : 46 dans l'atmosphère jusqu'en 1974, puis 147 sous terre. Le premier, Aldébaran, explose le 2 juillet 1966 ; le dernier, Xouthos, le 27 janvier 1996 à Fangataufa. La France a donc poursuivi ses essais atmosphériques onze ans après le traité qui les interdisait, qu'elle n'avait pas signé.

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La loi Morin. Promulguée le 5 janvier 2010, elle reconnaît un droit à réparation aux victimes des essais du Sahara et de Polynésie, sous conditions de lieu, de période et de maladie. Entre 2010 et 2017, seuls 3 % des 1 216 demandes ont été indemnisées, selon le Sénat. Les critères ont changé trois fois : extension à toute la Polynésie en 2013, suppression du « risque négligeable » en 2017, seuil d'un millisievert par an en 2019. Depuis 2017, le taux d'acceptation atteint 44,2 %. De 2010 à 2025, le Comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) a accepté 1 538 dossiers, pour 108 millions d'euros.

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L'enquête « Toxique ». En mars 2021, le média d'investigation Disclose et le collectif Interprt publient « Toxique », une enquête journalistique menée avec Sébastien Philippe, chercheur à l'université de Princeton. Selon eux, les doses reçues par certains Polynésiens lors des tirs les plus contaminants étaient de deux à dix fois supérieures aux estimations du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), et presque toute la population de l'époque, environ 110 000 personnes, a pu être touchée par les retombées des essais atmosphériques.

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La réponse du CEA. Le CEA a contesté point par point : les écarts de mesure relevés « n'induiraient pas de modification significative des doses ». Il a jugé que l'enquête manquait de données, sur la radioactivité des aliments notamment, et indiqué que sa méthode serait « la même aujourd'hui qu'à l'époque ».

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La loi est en cours de réécriture. Une commission d'enquête de l'Assemblée nationale conclut en juin 2025 que la loi Morin est insuffisante et que le seuil d'un millisievert a exclu des victimes. Une proposition de loi qui le supprime, au profit d'une présomption fondée sur le lieu, la période et la maladie, est adoptée à l'unanimité par l'Assemblée le 29 janvier 2026, puis par le Sénat le 28 mai 2026. Selon le dossier législatif consulté, elle attend sa deuxième lecture à l'Assemblée. Le Sénat en estime le coût à environ 350 millions d'euros pour les dossiers passés, puis un peu plus de 100 millions par an.

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Maralinga et Lop Nor

Maralinga. Le Royaume-Uni a mené une partie de ses essais atmosphériques en Australie, notamment à Emu et à Maralinga. Ce dernier site a reçu sept grands essais et des centaines d'expériences de moindre ampleur, sur les terres des Aborigènes Maralinga Tjarutja. La commission royale McClelland constate en 1985 des risques radiologiques persistants autour des sites. En 1994, les Maralinga Tjarutja reçoivent 13,5 millions de dollars d'indemnisation ; leurs terres leur sont rendues en décembre 2009.

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Lop Nor. La Chine a tiré ses 45 engins au même endroit, à Lop Nor, dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, de 1964 à 1996 : 23 dans l'atmosphère, jusqu'en 1980, et 22 sous terre. Il n'existe aucune étude sanitaire officielle de ces essais. En 1989, un haut responsable militaire chinois déclarait, selon l'IEER : « Il y a eu quelques morts, mais aucune grande catastrophe. »

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Combien de morts ?

Aucun registre ne compte les morts des essais nucléaires : les chiffres disponibles sont des calculs. On reconstitue une dose, puis on lui applique un coefficient de risque tiré surtout du suivi des survivants d'Hiroshima et de Nagasaki. Pour les faibles doses, on suppose que le risque reste proportionnel à la dose, sans seuil : c'est une convention de radioprotection, pas une observation.

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L'estimation mondiale la plus citée date de 1991. L'Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) et l'IEER appliquent les coefficients de risque de l'Académie américaine des sciences aux doses calculées par le Comité scientifique des Nations unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR). Résultat : environ 430 000 morts par cancer (entre 320 000 et 650 000) dues à la radioactivité reçue jusqu'en 2000. En prolongeant le calcul à l'infini, pour le carbone 14, on atteint 2,4 millions de morts, réparties sur plusieurs milliers d'années.

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Ce total immense est fait de risques individuels minuscules. Selon la même étude, le risque de mourir d'un cancer dû aux retombées est d'environ 180 sur un million dans la bande de latitude la plus touchée, entre 40 et 50 degrés nord, pour un risque de mourir d'un cancer d'environ 20 % au total. Pour la population américaine, l'étude des CDC et du National Cancer Institute, revue par les Académies nationales en 2003, estime que les retombées font passer ce risque de 20 % à environ 20,03 %. Aucune statistique ne peut isoler un tel écart parmi les cancers ordinaires : il se calcule, il ne se compte pas.

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Le risque n'est pas réparti au hasard. Près des sites, les doses se comptent en centaines de millisieverts, et l'effet devient mesurable : 55 % des cancers attendus chez les habitants de Rongelap, une hausse des cancers solides dans la cohorte de Semipalatinsk. Ce sont presque toujours des populations rurales, loin des capitales qui décidaient des tirs : villageois kazakhs, éleveurs du Nevada et de l'Utah, Marshallais, nomades du Sahara, Polynésiens, Aborigènes d'Australie, habitants du Xinjiang.

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Ce que dit le droit

Le traité de Moscou, signé le 5 août 1963 par les États-Unis, l'URSS et le Royaume-Uni, interdit les essais dans l'atmosphère, dans l'espace et sous l'eau. Il entre en vigueur le 10 octobre 1963. Il laisse les essais souterrains permis, et deux puissances ne le signent pas : la France continue ses tirs atmosphériques jusqu'en 1974, la Chine jusqu'en 1980.

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Le traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE), ouvert à la signature en 1996, n'est toujours pas en vigueur. Il compte 187 signataires et 178 ratifications, mais il doit être ratifié par les 44 États nommés dans son annexe 2. Neuf manquent : l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord ne l'ont pas signé, la Chine, l'Égypte, l'Iran, Israël et les États-Unis l'ont signé sans le ratifier. La Russie l'avait ratifié en 2000 ; Vladimir Poutine signe le 2 novembre 2023 la loi qui retire cette ratification, pour s'aligner, dit-il, sur les États-Unis.

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Au XXIe siècle, seule la Corée du Nord a fait exploser des armes nucléaires : six fois, entre 2006 et 2017. Le 30 octobre 2025, Donald Trump annonce que les États-Unis vont recommencer à tester leurs armes ; trois jours plus tard, son secrétaire à l'Énergie, Chris Wright, précise qu'il s'agira d'essais sans explosion nucléaire. Trente ans après son ouverture à la signature, le traité qui devait clore l'ère des essais attend toujours neuf États.

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Et aujourd'hui ?

Les essais ont servi à fabriquer un arsenal qui existe toujours. En janvier 2026, l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) estime l'inventaire mondial à 12 187 ogives nucléaires, dont environ 9 745 dans les stocks militaires prêts à l'emploi. Les grandes puissances ne font plus exploser d'engins, mais ce moratoire tient sur des déclarations, pas sur un traité en vigueur.

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L'indemnisation, elle, a une date limite. Aux États-Unis, les demandes doivent être déposées avant fin 2027 ; en France, la réforme de la loi Morin attend son vote final. Plus de quatre-vingts ans après le premier essai, les États calculent encore ce qu'ils doivent à ceux qui vivaient sous le vent.

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Le 29 août, date de la fermeture de Semipalatinsk, est la Journée internationale contre les essais nucléaires. Trinity, Castle Bravo et la Tsar Bomba ont leur date dans le calendrier des morts.

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